Pourquoi "La Magie du Bouddha" ?

Pourquoi "La Magie du Bouddha" ?

Le Dharma vivant et la disparition des traditions magiques

D’une certaine façon, certains Lamas tibétains et Vénérables thaïlandais furent les ultimes représentants d’un Bouddhisme vivant, luttant chacun à leur manière contre une tendance générale au conformisme et à la médiocrité qui a progressivement transformé le Dharma contemporain en une bouillie sans saveur ni couleur.

Il existe aujourd’hui dans le Bouddhisme européen une tendance comparable à celle de « Vatican II », qui voudrait purifier le Dharma de son aspect magique afin de le rendre prétendument plus « adulte ».

Ici aussi, en Bretagne, depuis les années 1960, l’Église catholique a voulu rendre la foi « adulte ». Elle nous a alors retiré tant de traditions populaires pleines de charme, cessant de reconnaître un immense nombre de saints celtiques extraordinaires, abandonnant les processions vers les fontaines sacrées, les arbres bénis et tant d’autres pratiques populaires. Et ils sont tout surpris que les églises se soient vidées ?

On nous fait aujourd’hui exactement la même chose avec le Bouddhisme. Les centres du Dharma tibétain et certaines pagodes cherchent désormais à nous faire ingurgiter uniquement des textes abscons, destinés à l’origine à quelques érudits et non à être étudiés par des laïcs.

Au lieu de transmettre aux fidèles ce à quoi ils aspirent réellement : un peu de beauté, de mystère et de magie pour adoucir leur existence, ainsi que des traditions millénaires simples capables d’inspirer leur vie spirituelle et de les rapprocher véritablement du Bouddha.

Jusque dans les années 1990, on entendait encore les échos lointains du rire de Gourou Rinpoché, de Drukpa Kunley ou encore de Luang Phor Thuad grâce à des êtres humains extraordinaires comme Sa Sainteté Dilgo Khyentsé Rinpoché, Kalou Rinpoché, Chogye Trichen Rinpoché, Chatral Rinpoché, Tenga Rinpoché, Drubwang Rinpoché, Nyoshul Khenpo ou Chögyam Trungpa.

Mais aussi, ailleurs en Asie, des Vénérables comme Luang Phor Koon, Luang Phor Kassem ou encore Thích Nhất Hạnh, et tant d’autres qui nous ont malheureusement quittés depuis.

Tous ces Maîtres étaient comme des fleurs multicolores, s’obstinant à survivre encore et encore au milieu d’un océan de ciment recouvrant peu à peu le monde.

Si j’ai appris quoi que ce soit auprès d’eux, c’est qu’être authentique est infiniment plus précieux et rare qu’être parfait.

Même aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de respect pour des Maîtres peu connus, certes parfois imparfaits mais profondément humains, que pour l’armée de clones récitant mécaniquement, sans même y croire un instant, leur version sans saveur des enseignements du Bouddha.

Pour prendre une comparaison imagée : ils voudraient nous gaver de riz blanc sans épices, sans légumes, sans rien… et appeler cela de la cuisine thaïlandaise.

Le Dharma sera toujours plus beau et inspirant lorsqu’il est enseigné par des Vénérables qui y croient réellement et le pratiquent humblement jour après jour dans une petite cabane entourée d'animaux, plutôt que par un « vénérable de salon » au titre religieux interminable, Rolex en or au poignet, récitant depuis un hôtel de luxe les mêmes textes poussiéreux jugés « conformes » et politiquement corrects.

Pour ce qui me concerne, je ne suis pas un Vénérable. Je ne suis même pas certain d’être un bon disciple. Mais je refuse absolument de baisser la tête et de laisser la place en silence à l’océan de grisaille que le Dharma est devenu en Europe.

Historiquement, partout où le Dharma s’est implanté, il s’est adapté avec bienveillance aux croyances locales et a inspiré un nombre incroyable de traditions magiques fascinantes.

Je refuse de voir ces traditions magiques disparaître. C’est précisément là le sens du nom de mon site : La Magie du Bouddha.

Le fait que cela soit devenu mon gagne-pain est finalement une conséquence inattendue (peut être aussi une manifestation de mon Karma). Un peu comme certains Lamas qui, dans le passé, développèrent des dons extraordinaires grâce à leur pratique du Dharma, alors même que le véritable but de cette voie reste l’Éveil, et non le fait de voler dans le ciel, parler aux animaux ou devenir télépathe.

Et même si, au fil des décennies, je me retrouve bien seul à porter cette vision, cela n’a aucune importance. Je ne songe pas un seul instant à abandonner.

Là où ils sont désormais, mes Maîtres sourient, sachant qu’aussi longtemps que je serai présent, il existera encore une voix simple pour défendre et partager les traditions magiques du Dharma populaire.

Bien sûr, vous devez vous dire qu’il existe d’autres boutiques proposant des objets similaires… et vous avez raison. Après tout, on trouve aujourd’hui des amulettes thaïlandaises jusque sur Amazon.

Mais au risque de sembler vouloir me mettre en avant, je pense sincèrement être l’un des rares à conserver une véritable démarche de partage spirituel à travers mon activité.

Beaucoup d’autres boutiques vendent des amulettes comme on vendrait des téléphones portables. C’est d’ailleurs exactement ainsi que l’un d’entre eux me l’a décrit un jour. Pour eux, tous les coups sont permis tant que l’argent rentre.

Ce n’est pas un hasard si aucun d’entre eux ne montre jamais son visage ni la moindre photo de voyage. Et si vous observez attentivement, vous verrez qu’ils proposent tous les mêmes objets à la mode, produits en série et faciles à obtenir en quantité, accompagnés de longs descriptifs copiés/collés sans âme et désormais générés automatiquement par intelligence artificielle sans relecture.

Je vous remercie du fond du cœur de soutenir ma petite boutique de La Magie du Bouddha depuis 23 ans déjà. 🙏

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